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Les différents modes de chauffage à travers les âges

Ce reportage va inventorier les modes de chauffage à travers les âges dans nos régions. Un accent particulier sera mis sur l’esthétique des appareils fabriqués par les artisans des différentes époques. Certains de ces poêles ou fourneaux sont très beaux et réalisés avec une maîtrise parfaite.
Les moyens de chauffage étant bien souvent liés aux moyens de cuisiner les aliments, ces derniers seront également décrits succinctement en fin de reportage

 SOMMAIRE

1. De la préhistoire à l'époque gréco-romaine

2. Epoque gréco-romaine

3. Moyen Âge3. Moyen Âge

4. Les différents types de chauffage à partir du "Moyen Âge classique"

5. Foyers, cheminées et potagers

6. Le chauffage moderne.

 

1. De la préhisoire à l'époque gréco-romaine

Les premières traces de foyers remontent, en région européenne méditerranéenne à env. 400 000 ans, époque à laquelle vivait l’homo erectus.chauffage-3-p
Le feu a pu être trouvé par hasard par les hommes dans la nature suite à un embrasement spontané par la foudre, par exemple.
Il va permettre à ces hominidés de se chauffer mais également d’éloigner les prédateurs, de cuire la viande pour la rendre plus digeste, de profiter d’un éclairage artificiel et de fabriquer des armes de chasse plus efficaces en durcissant le bois sur le feu.
C’est également autour des foyers qu’ont commencé à se tisser les liens sociaux
L’habitat de l’homo erectus était bien souvent une grotte, un abri sous roche ou un abri de branchages recouvert de peaux de bêtes.  Le foyer était placé à l’entrée de l’abri ou à l’intérieur de celui-ci. Le feu était alors entretenu de manière à ce qu’il ne s’éteigne pas et lorsque le groupe se déplaçait, il emportait des braises afin de pouvoir rallumer un feu  lors du prochain campement.
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Puis peu à peu, l’homme apprend à domestiquer le feu, ce qui signifie qu’il est capable de l’allumer en utilisant un des deux moyens suivants:
-    En faisant percuter un silex sur un minerai de fer, ce qui provoque des étincelles qui vont embraser des herbes ou des feuilles sèches préalablement mises à proximité (un peu comme un briquet)

-    En faisant tourner à l’aide de ses paumes un morceau de bois dans l’entaille d’un autre morceau ce qui provoque, si l’on choisit les bonnes essences, un échauffement capable d’allumer des brindilles sèches disposées alentour.

Grâce au feu, l’homme préhistorique commence à travailler le métal; tout d’abord le cuivre qui devient malléable à basse température. Le simple fait de le maintenir dans un feu ouvert suffit à pouvoir le travailler et le façonner.
L’homme réalise ensuite que l’on peut « enfermer » son feu dans un four pour obtenir une température supérieure. C’est chauffage-5-palors que commence le travail du bronze et enfin le travail du fer lorsqu’on parvint à élever la température à plus de 1500 degrés (point de fusion du fer).

L’âge du fer débute env. en 1100 av. JC pour se terminer au début de l’Empire romain au 3ème siècle avant JC.
A partir de l’âge du cuivre, les hommes deviennent de plus en plus sédentaires. Ils se mettent à cultiver, fabriquent des objets et des armes pour la chasse. Ils construisent également leurs habitats, selon les régions, en branchages, en bois puis à partir de l’âge du bronze, en pierre ou en torchis
Le feu était donc couramment utilisé, pour faire fondre le métal, pour cuire les aliments, pour s’éclairer et également, bien sûr, pour se chauffer.

Ci-dessous, 3 reconstitutions d'habitats:

1. Âge de la pierre,                                                 2. Âge du bronze.                                                 3. Âge du fer

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 2. Epoque gréco-romaine

Au début de l’époque romaine, le feu de bois occupait le centre de la maison et, à lui seul, assurait le chauffage, l'éclairage et la chauffage-9-pcuisson des aliments. Il fut longtemps utilisé à la campagne, rapidement abandonné à la ville.

Les Romains ont alors utilisé un système de chauffage par le sol ingénieux et efficace qui peut être considéré comme l'ancêtre de notre chauffage central: le chauffage par hypocauste. Ce système de chauffage était déjà utilisé par les Grecs, mais les Romains le perfectionnèrent.
Il était très fréquent dans les maisons particulières des élites et dans les thermes publics et nécessitait la présence de personnes alimentant en permanance un feu situé à l'extérieur de la maison afin de maintenir une chaleur constante.

Le chauffage par hypocauste s'est ensuite développé et plusieurs maisons pouvaient être chauffées par le même foyer central,

La circulation de chaleur produite par un puissant foyer (1) situé à l'extérieur de la maison s'effectue chauffage-10-psous les sols portés par des pilettes(2) : petits piliers de briques carrées qui permettent de créer un vide de 40 à 60 cm de hauteur facilitant ainsi la circulation de l'air chaud sous toute la surface de la maison.
Les sols sont en fait des planchers suspendus appelés suspensura (3).
Les murs sont également aménagés avec des briques creuses, les tubuli (4) pour permettre à l'air chaud de circuler et aux fumées de s'évacuer par des canaux  au niveau de la toiture.
Les espaces renfermant les tubuli sont doublés à l’extérieur par des murs  (5),  en moellons ou en briques afin de garder la chaleur.
Ils sont tapissés, à l'intérieur, d'un simple galendage (6), perméable à la chaleur et recouvert de différents motifs ou tentures.

chauffage-46-pDans les maisons romaines rurales, il n’y a pas de système à air chaud comme décrit ci-dessus, c’est un brasero qui a sa place dans les principales pièces. Son support en métal ressemblant à une table basse, il est transportable et donne aussi peu de fumée que possible.
Outre le charbon de bois, les Romains utilisaient du bois parfaitement séché selon plusieurs procédés : en activant la dessiccation du bois en l'exposant près d'un feu ardent ; ou par immersion dans l'amurque (partie aqueuse du suc de l'olive qui sort la première du pressoir, avant l'huile), ceci pour éviter au maximum les fumées.

 

3. Moyen Âge

Cette période se divise en 3:
- Le Haut Moyen Âge, de la fin de l’empire romain, chute du dernier empereur en 476 ap. J-C, à l’an 1000,
- Le Moyen Âge « Central » ou « Classique », du XIème au XIIIème siècle,
- Le Bas Moyen Âge ou Moyen Âge tardif, XIV et XVème siècle.
Le confort que connurent les Romains, disparait presque complétement au début du Moyen Âge et il faudra attendre près de 1000 ans pour que cette recherche de confort réapparaisse.

Durant le Haut Moyen-Âge, au début de l’époque médiévale, les moyens de chauffage sont rudimentaires.
Les incendies étant nombreux et les dégâts provoqués particulièrement catastrophiques, le plus souvent, le feu est entretenu dans la cour et intègre la maison sous la forme d’un feu ouvert au centre de l’habitation avec un trou d’aération (on ne parle pas encore de conduit de fumée). Les maisons sont construites très simplement : les murs sont en torchis, (mélange de boue et de chauffage-11-ppaille) , et le toit est en chaume (paille) posée sur le clayonnage (charpente en bois).
La maison est bâtie sur un soubassement de pierres.
Il n’y a pas de vitres aux fenêtres non plus, celles-ci ne faisant leur apparition qu’au XIVème siècle. Les fenêtres étaient donc rares et fermées par des volets en bois ou par du papier parchemin huilé.  
L'intérieur est aussi simple. Il est composé de deux pièces: une pour les humains et une pour les animaux. Le sol est en terre battue.
La porte de communication reste toujours ouverte durant la saison froide pour bénéficier de la chaleur dispensée par les animaux.
Toute la vie de la communauté se passe dans cette pièce centrale autour du foyer. On y prépare les repas avant de les consommer, on y passe les soirées. Cette pièce possède un grand lit de paille où l’on dort à plusieurs et une « huche », sorte de coffre où on range le pain. La nuit, tous les occupants de l’habitation dorment dans la même pièce et on alimente le foyer en cours de nuit lorsqu’il fait très froid.

 

4. Les différents types de chauffage à partir du "Moyen Âge classique"

Les premières cheminées apparaissent dès le Xème siécle déjà dans certaines régions. Elles sont très grandes et  surmontées d’une large ouverture parvenant au toit appelée « hotte chauffage-12-ppyramidale » ou "manteau de cheminée".
Si la cheminée était utilisée « à plein » durant une bonne partie de la journée pour le chauffage de la maison et les préparations de repas, en soirée son rôle était davantage convivial.
On se tient sur des bancs de pierre ou des escabeaux, devant ou même à l’intérieur de l’âtre,  sur les côtés, le feu, réduit, occupant le centre.
 A l’heure du couvre-feu, les braises peuvent être emportées dans les chambres à coucher dans des braseros, mais là également on dort souvent dans la même pièce à moins qu’on ait du personnel pour tenir en activité plusieurs cheminées.
Les cheminées sont souvent construites avec 2 pieds droits ou jambages supportant un linteau appelé « chambranle » (voir reportage sur les baies de porte) orné d’une frise plus ou moins sculptée selon les moyens du propriétaire du lieu.
Il y a en général une seule cheminée, parfois deux qui se font dos dans 2 pièces différentes ou sur 2 étages mais chauffage-13-putilisant le même canal d’évacuation des fumées pour éviter au maximum la pénétration de l’air froid provenant de l’extérieur.

Petit à petit, les architectes de l’époque s’efforcent de moderniser les structures des cheminées de manière à éviter que la majorité de la chaleur produite s’échappe par la hotte. Les cheminées prennent donc des dimensions plus raisonnables et des plaques métalliques dite « à la Prussienne » sont installées dans la hotte pour empêcher l’air chaud de sortir trop facilement et surtout l’air froid de rentrer.
Il faut dire qu’à cette époque, la consommation de bois était telle dans les grandes bourgades que celui-ci commençait à manquer à proximité et que le fait de le transporter avec les moyens de l’époque renchérissait passablement son exploitation
Il y a eu, du reste, déjà alors, au vu de la situation préoccupante sur l'état des forêts, les premières mesures prises contre la déforestation!

chauffage-14-pchauffage-15-pDans certaines régions, en particulier dans les fermes jurassiennes, des aménagements ont été apportés dans le but de rendre les cheminées plus fonctionnelles dont, par exemple, la construction de « platines ».

La platine est une cavité aménagée dans l’épaisseur du mur contre lequel se trouve l’âtre de la cuisine. Le fond de la cavité est garni d’une plaque de fonte ou d’une dalle en pierre réfractaire. La chaleur du foyer ouvert de la cuisine est donc transmise dans la salle de séjour attenante.

Cette cavité pouvait aussi être aménagée en buffet dans lequel on conservait ce qui devait être à l’abri du froid et de l’humidité comme les tisanes ou les biscuits.
Ce système existait pratiquement dans toutes les maisons paysannes de l’arc jurassien.
Un autre exemple d’aménagement consistait à découper une trappe dans le plafond. au dessus de l'âtre pour laisser monter l’air chaud dans une pièce à l’étage. La trappe pouvait rester fermée durant une grande partie de la journée et ouverte en fin de soirée afin de tempérer les chambres à coucher sises au dessus.

Il existait également à cette époque tout un éventail de différents ustensiles destinés à lutter contre le froid : ces chaufferettes servaient à se réchauffer les mains, les pieds, à tempérer le lit avant de se coucher, et étaient de formes différentes selon les régions.
Leur conception était la même partout où elles étaient utilisées. Elles étaient garnies d’éléments non combustibles et réfractaires dans lesquels on mettait des braises incandescentes. Elles étaient ensuite transportés à main dans les endroits désirés.
Le curé, par exemple utilisait fréquemment le « chauffe-main » qu’il mettait dans sa soutane quand il faisait très froid de manière à pouvoir tourner les pages de la bible lors des prêches. Lors des fêtes religieuses, lorsqu’on prévoyait que la cérémonie serait longue, les dames emportaient avec elles un chauffe-pied qu’elles posaient au sol. Elles emportaient parfois également dans certaines régions (mais cela n’a rien à voir avec le chauffage) leur bourdaloue qui était un pot de chambre de forme allongée qu’elles gardaient sous leur jupon leur permettant de se soulager en cas de besoin !
Par la suite, concernant le chauffage du lit par exemple, les chaufferettes ont été remplacées par les bouillottes d’eau chaude, encore en usage actuellement.
Ci-dessous, quelques exemples de ces chaufferettes :

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Au moyen âge toujours, dans certaines régions, les premiers poêles font leur apparition dès le XIIIème siècle déjà. chauffage-20-pIls sont massifs, rectangulaires, souvent avec un chapeau arrondi, en briques de terre cuite perforées d’ouvertures destinées à la sortie de la chaleur que l’on pouvait obstruer à volonté par des étuis cylindriques parfois décorés de mascarons. Les briques pouvaient être peinturlurées de vernis rudimentaires.

Peu de temps après, (fin XIIIème, début XIVème, à nouveau selon les régions) apparaissent les premiers poêles en maçonnerie recouverts de carreaux (catelles).
Ceux-ci vont se répandre rapidement dans les régions suivantes: Suisse romande, Arc jurassien, Alsace, Bade-Wurtemberg, dès le XVIème siècle
chauffage-21-pL’appellation de ces appareils de chauffage diffère d’une région à l’autre.
Si on les appelle « fourneaux à catelles » ou « poêles à catelles » dans les montagnes jurassiennes de Suisse romande, ils prennent le nom de « Kachelhofen » en Alsace (littéralement : poêle recouvert de carreaux), de « Grundhofen » dans le Bade-Wurtemberg…. Tous ces différents types de poêles sont rassemblés sous l’appellation «poêles de masse »
Il n’existe donc pas, à proprement dit, UN poêle de masse mais plusieurs types qui correspondent aux différentes phases d’évolution de cette technologie de chauffage.
L’architecture de ces appareils diffère également selon les régions.
En règle générale, il existe 3 types de poêles à catelles.
chauffage-22-pA) Le premier est une construction massive, fixe et adossé à un mur dont le foyer est alimenté en combustible depuis une autre pièce,  à travers une ouverture pratiquée dans le mur. Très souvent le poêle est alimenté depuis la cuisine qui est faite de matières non combustibles ce qui réduit sensiblement les risques d’incendies. Dans le cas présenté ici, le fourneau (photo de gauche)est alimenté depuis l'âtre de la cuisine (photo au-dessus). La porte d'accès est encore visible. On remarque également, à gauche de cette porte, une partie maçonnées en briques réfractaires, sous le linteau. Il s'agissait très certainement d'une ancienne platine, antérieure au poêle. On remarque, du reste, en bas, à droite du fourneau, une porte à claire voie sensée masquer la platine.
B) Le second est un poêle « indépendant» mais construit sur place, alimentéchauffage-24-p directement en combustible depuis la pièce où il est installé. Dans l'exemple reproduit à droite, le poêle communique avec le poêle à banquette (ci-dessous à gauche), qui se trouve dans la pièce d'à côté et qui correspond au troisième type.
chauffage-25-pC/ Le troisième appelé « Kunscht » ou « poêle à banquette » est adossée à un mur. Il est doté d’un siège sur lequel on peut s’asseoir ou même se coucher. Il est généralement construit dans la pièce attenante à la cuisine et se trouve juste derrière l’âtre. La fumée que dégage celui-ci est captée pour circuler à l’intérieur de la Kunscht avant de rejoindre le canal d’évacuation. Ce type de récupérateur de chaleur a été inventé au milieu du XVIème. L’inconvénient est que la pièce dans laquelle il se trouve n’est pas vraiment chauffée mais plutôt tempérée ; ce qui est parfait pour une chambre à coucher, par exemple.

Les poêles à catelles ont rapidement pris l’ascendant sur les cheminées car ils sont beaucoup moins gourmands en combustible et le rendement en chaleur produite est bien supérieur.
Les techniques de construction différaient également d’une région à l’autre. S’ils étaient tous faits en maçonnerie et recouverts de catelles, l’organisation intérieure était différente au niveau des matériaux utilisés. (briques réfractaires, terre cuite, mortier réfractaire argileux, etc…).
Certains chauffaient relativement rapidement mais ne gardaient pas la chaleur. D’autres mettaient beaucoup de temps à s’échauffer mais gardaient la chaleur durant plusieurs heures.
Certains étaient munis d’une niche appelée « cavettes » contournée par le circuit d’air chaud dans laquelle on pouvait mettre un plat à réchauffer, des pommes à cuire ou encore  le sac de noyaux de fruits avant de les glisser entre les draps des lits en guise de chaufferette. D’autres étaient accompagnés d’une tourelle ou d’une « cruche » sur laquelle on pouvait suspendre les habits pour les sécher.

Intéressons-nous maintenant aux catelles les recouvrant

Les plus anciens sont constitués de catelles à reliefs revêtues de glaçure à l’oxyde de cuivre, ce qui leur donne une couleur verte.
A partir de la fin du XVIIIème, les catelles ne portent plus de décors en relief ; elles sont lisses, unies, vertes, turquoises ou blanches, et dans ce dernier cas, parfois recouvertes de motifs bleu ou grenat. Les motifs ornant les catelles sont très divers : paysages, châteaux, végétaux, animaux, personnages, scènes de la vie courante, etc…

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Vu de l’extérieur, les catelles ont l’aspect de simple carreaux de revêtement ; mais ce sont en fait des briques creuses, épaisses d’une dizaine de centimètres ou plus, qui s’empilent pour former des parois. Seule la face extérieure est vernissée et décorée. Quant à la face interieure, elle comporte une sorte de boîte de terre cuite, moins grande que le carreau, ouverte vers l’intérieur du poêle. Les espaces compris entre ces catelles étaient bourrés d’un mortier réfractaire argileux tandis que l’intérieur des cavités se remplissait de galets non calcaires ou de fragments de pierre à feu enrobés également d’un mortier réfractaire. Cette technique avait pour effet de conserver la chaleur le plus longtemps possible.

chauffage-33-pDepuis le XVème, utilisés dans une bonne partie de l'Europe, ces remarquables poêles suivent la mode des époques au niveau de leur décoration. La qualité et la beauté de l'émaillage, la richesse des décors en font d'exceptionnelles pièces décoratives. Malheureusement, à l'apparition du chauffage central dans la première moitié du XXème siécle ces magnifiques fourneaux n'étaient plus utilisés et une partie d'entre eux ont été purement et simplement détruits avant tout "pour gagner de la place"

La fabrication de ces poêles fut à l’époque une industrie florissante. De nombreux poêliers, potiers, peintres faïenciers travaillaient à la construction et à la décoration de ces ouvrages, ceci, jusqu’au milieu du XIXème.
A partir de cette date, afin de réduire considérablement son coût, le poêle devient souvent uniformément blanc et les catelles sont fabriquées industriellement, de couleur unies avec parfois des dessins géométriques.

 

diapo-fourneauParallèlement aux grands poêles à catelles muraux, à partir du milieu du XIXème, ou même avant, selon les régions, la technologie des poêles dit mobiles ou transportables se développe et ceux-ci remplacent progressivement leur « grands frères ! ».
Ces poêles mobiles sont de différents types et offrent deux grands avantages : leur prix, bien en dessous d’un poêle à catelles traditionnel et leur mobilité ; on pouvait les transporter où bon nous semblait à condition qu’ils soient à proximité d’un canal d’évacuation de fumée.
Ces poêles mobiles sont de 2 types principaux:
Les poêles en faïence qui sont maçonnés, recouverts de catelles et les poêles en fonte. Dans ce deuxième cas, on parle alors, dans le langage courant jurassien, de « pipes ».
La différence entre ces 2 types de poêles consiste dans le fait que le poêle en faïence met davantage de temps à s’échauffer mais « tient » plus longtemps alors que la pipe chauffe la pièce plus rapidement mais se refroidit beaucoup plus vite.
Ces poêles mobiles étaient alimentés à l’origine avec du bois mais ils fonctionnèrent par la suite également avec du charbon. Le remplacement du bois par le charbon s’est fait progressivement selon les régions en fonction de la proximité plus ou moins immédiate du bois de chauffe et/ou du charbon.

Les types de chauffages mobiles se sont ensuite multipliés et modernisés et sont encore présents actuellement, souvent comme chauffage d’appoint, mais le bois, le charbon ou la tourbe ont bien souvent été remplacés par le gaz, le pétrole, le mazout ou l’électricité. Ces nouveaux appareils, quoique très fonctionnels, n’ont rien à voir avec la beauté esthétique et l’aspect décoratif des anciens poêles
On parlait alors de chauffage décentralisé (un poêle pour 1 ou 2 pièces) par opposition aux premiers chauffages centraux (une chaudière pour plusieurs appartements dans le même immeuble) qui ont commencé à être installés dans certains nouveaux immeubles à partir du XXème ou fin du XIX.

5.Foyers, cheminées et potagers

De tout temps et jusqu’à l’arrivée des chauffages centraux et des cuisinières modernes (début à milieu du XXème) le moyen de se chauffer était étroitement lié à celui de cuisiner.
De l’âge de la pierre à l’âge du fer, le même foyer était utilisé pour le chauffage et la cuisson des aliments, principalement la viande.
chauffage-34-pA l’époque romaine, comme pour les techniques de chauffage, la cuisine était déjà très évoluée et les moyens de préparer les repas également.
Il existait dans les villas, des « plan de cuisson » se trouvant dans un local aménagé spécialement pour ce genre d’activité. C'était un bloc maçonné, fixe, rectangulaire, en "plein" ou surélevé dont la partie inférieure était remplie de braises provenant d’un foyer à ciel ouvert proche, et dont la partie supérieure, allant de 2 à 6 m², était percée de trous, dans lesquels les marmites prenaient place.
Cet astucieux plan de cuisson était absent des habitations modestes et remplacé par un brasero, de petite taille, généralement en métal et parfois en terre cuite, léger à transporter.
A cette époque furent construits les premiers fours domestiques dans lesquels on pouvait cuire le pain ou rôtir certains morceaux de viande.
Au Haut Moyen Âge, dans les maisons rurales, le feu de bois occupe le centre de la maison et, à lui seul, assurechauffage-35-p le chauffage, l'éclairage et la cuisson des aliments.  Dans les huttes paysannes, souvent en torchis, le foyer est posé à même le sol, sur une matière incombustible et est sous contrôle permanent afin d’éviter les incendies. La cuisson se fait dans des marmites supportées par des «trépieds». Des «fourches» et «tisonniers» aident à déplacer les buches sur des « chenets » et, en fin de soirée, un «couvre-feu » en terre cuite recouvre les braises durant la nuit..
A la belle saison, on cuisine dehors, sous un appentis (annexe au bâtiment principal).
chauffage-36-pDans les habitations de notables ou de personnes fortunées, comme à l’époque romaine, une pièce était dévolue à la préparation des repas et des plans de cuisson en pierre y étaient aménagés.
Les plats nécessitant une cuisson à chaleur élevée étaient disposés dans les ouvertures directement sur les braises brûlantes; ceux qui devaient mijoter se retrouvaient surélevés sur des briques réfractaires. Les cendres tièdes n'étaient pas oubliées et maintenaient au chaud certains mets.
Les braises provenaient de l’âtre à proximité immédiate.
Sur le plan de cuisson ci-contre on remarque déjà la présence de la "bouilloire" (au premier plan) Ce récipient permettait d'avoir en tout temps de l'eau chaude à disposition.


chauffage-37-pComme signalé plus haut, les cheminées ne font leur apparition qu’à partir du Xème siècle.
Si elles contribuaient principalement au chauffage de l’habitat, elles étaient également utilisées pour préparer les repas. L’âtre était souvent pourvu d’une ou de deux potences qui portaient la crémaillère à laquelle était suspendue le chaudron. Il suffisait de repousser la potence pour l’écarter du feu. Dans le chaudron étaient préparés les bouillons, soupes et pot-au-feu, entre autre. Des trépieds ainsi que des broches suspendues étaient utilisés pour griller les viandes.

 

chauffage-47-pDans les maisons rurales jurassiennes, fermes neuchâteloises entre autre, ces cheminées tenaient un rôle primordial dans l’organisation de l’habitation. Leur hotte, appelée « tué », était très grande et servait de fumoir pour la conservation des aliments, principalement la viande.
Le haut du tué possédait parfois un "clapet" qui pouvait être fermé de l’intérieur à l’aide d’une longue perche.
Dans l’âtre représenté ci-contre, on peut voir le foyer au centre, les 2 potences de chaque côté avec la crémaillère supportant le chaudron et derrière le foyer, une platine décorée qui conduisait la chaleur dans la pièce attenante que l'on appelait "la belle chambre". A gauche de la platine, une porte en fer permettait d’alimenter en bois un poêle à catelles pour chauffer une deuxième pièce. Au fond à droite, le four à pain, maçonné, qui pouvait être alimenté par les braises provenant directement du foyer. Chapeautant le tout, le tué, noirci par la fumée et impressionnant par ses dimensions, couronne l'ensemble. Il ne manque plus que les saucissons, les jambons et les pièces de lard suspendus dans le tué!

L’âtre fut longtemps utilisé à la campagne, rapidement abandonnéchauffage-38-p à la ville et remplacé par un potager, en pierre, dès le XVIIème, en fonte ou en métal dès le milieu du siècle suivant. Ces premiers potagers ne possédaient pas de tuyaux d’évacuation de fumée ; Ils étaient proche de la cheminée et étaient alimentés en combustible par les braisons et cendres de cette dernière. Ils  n’avaient pas de pieds et étaient posés sur des supports en pierre naturelle d’environ 50 cm de hauteur. Les avantages du potager sur le foyer à feu ouvert sont multiples :
- L’économie de combustible. La quantité de chaleur produite est directement utilisée pour la cuisson des aliments et les pertes de chaleur sont bien moindres.
- Le confort de la « cuisinière » préparant les repas est supérieur. Elle peut dorénavant  travailler sur un plan à bonne hauteur et à l’abri des braises pouvant s’échapper de l’âtre.
- La gestion de la chaleur est meilleure. Qu’ils soient en métal ou de pierre, les plans de cuisson étaient chauffage-48-pconstruits selon les mêmes principes que ceux existant sous l’empire romain, décrits plus haut.
L’âtre était dès lors toujours utilisé pour le chauffage de la cuisine durant la mauvaise saison, pour produire des braisons qui étaient introduits dans le potager ainsi que pour chauffer l’eau qui se trouvait dans un grand chaudron suspendu par la crémaillère à potence, au-dessus du foyer. L’eau chaude était indispensable pour les repas, les lessives, les bains ainsi que pour la préparation de la nourriture des animaux de la ferme.

Par la suite, les cheminées sont peu à peu abandonnées surtout durant les périodes où le chauffage n’est pas nécessaire et remplacées par des potagers en métal, sur pieds, tels que nous les connaissons actuellement. Ces potagers de nouvelle génération étaient installés d’abord dans l’âtre, les fumées étant évacuées par le « tué » (ou manteau de cheminée) qui domine l’âtre. En période hivernales ou à l’entre saison, ils étaient déplacés hors de l’âtre et c’est alors que sont apparus les tuyaux de fumées, envoyant cette dernière dans le tué. Dès lors, il n’était plus indispensable que les potagers soient à côté de l’âtre, les tuyaux conduisant la fumée où on le désirait.
Les potagers commencèrent ainsi également à avoir aussi un rôle de chauffage de la pièce, le tuyau de fumée faisant office de récupérateur de chaleur.
Ci-dessous, quelques exemples de potagers anciens.

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6. Le chauffage moderne

Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, la réflexion sur le chauffage des grands ensembles est engagée, pour des raisons économiques d’abord. En effet, ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on recommencera à s’intéresser au confort.
radiateur-2-pC’est alors qu’apparaît le chauffage central, dans sa forme la plus simple, très éloignée des systèmes que nous connaissons aujourd’hui : des tuyaux, reliés à un poêle central, sont installés dans les murs et distribuent l’air chaud. Puis, nous passons d’un système calorifère à air chaud à un système calorifère à vapeur grâce à James Watt, inventeur de la machine à vapeur. A la même époque naît le radiateur : il s’agit d’un appareil qui reçoit la chaleur et la restitue. Peu à peu, l’eau chaude viendra concurrencer la vapeur. La généralisation du système de chauffage central à eau chaude ne se fera qu’après 1930. L’avantage est qu’il permet également de disposer d’eau chaude sanitaire.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, toutes les habitations ne sont pas chauffées. Si elles le sont, elles neradiateur-1-p bénéficient pas de chauffage dans toutes les pièces. Bien souvent, les pièces qui sont chauffées le sont par un chauffage décentralisé, un poêle dans chaque pièce.
Dans les années 1950, le chauffage central « organisé » fait son apparition.  La chaleur est produite dans des chaudières au fioul ou au gaz. Les pièces sont chauffées par les radiateurs. Une régulation globale devient possible et le confort s’améliore.
Dans les années 70, le bois refait son apparition en tant que combustible dans les chaudières.
Par la suite, les radiateurs sont souvent remplacés par des systèmes de chauffage « par le sol » selon le même principe que l’hypocauste mis au point par les Romains. Il n'y a plus de pilettes; celles-ci étant remplacées par un circuit d'eau chaude circulant dans des tuyaux entre la dalle et la chappe.

Nous arrêterons là notre présentation des différents moyens de chauffage à travers les âges, sans aborder les dernières technologies et celles encore en devenir, le but de ce reportage étant de mettre en valeur la créativité des artisans de l’époque.

André Beuret

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REFERENCES ET LIENS:

Artisanat.ch

Case postale 45
2114 Fleurier
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