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LA
PORCELAINE
DES ORIGINES ORIENTALES
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A la renaissance,
potiers et chimistes portés par l'esprit scientifique
de l'époque
et encouragés par les mécènes n'ont de cesse
que de rechercher le secret de la porcelaine chinoise.
Si, dès l'époque neolithique,
les hommes de
la vallée du Fleuve Jaune pratiquaient l'art de la poterie
ornée, l'apport essentiel de l'Extrême-Orient (Chine,
Corée, Japon) à la céramique est la pâte
dure, imperméable, cuite à haute température.
Les recherches pour les grès opaques et "proto-porcelaines",
qui remonteraient aux premières dynasties chinoises, plus
de mille ans avant notre ère, conduiront à la porcelaine
proprement dite, blanche et translucide. La manufacture impériale
de Jingdozhen, fondée en 1369 dans le voisinage de Nankin,
prit bientôt un développement considérable. |
Les porcelaines de Chine,
connues en Europe dès la fin du Moyen Age et importées
en abondance à partir du XVIe siècle, exercèrent
une influence décisive sur l'évolution de l'art
céramique.
Leur matière délicate suscitant une grande admiration,
on chercha de bonne heure à l'imiter avant même
de connaître ou de posséder les principaux éléments
qui entrent dans sa composition: le kaolin (gaoling ou silicate
d'alumine hydraté) fine argile blanche
et pure et le petuntse
(baidunzi), variété de
feldspath. Dans la seconde moitié du XVIe siècle,
les Italiens obtinrent, à partir de la terre blanche de
Vicence, une céramique
dure, blanchâtre et légèrement translucide,
désignée sous le terme de "porcelaine des
Médicis". |
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En France, à la fin
du XVIIe siècle, les faïenciers de Rouen et de Saint-Cloud
trouvèrent une recette de porcelaine sans kaolin et à couverte
plombeuse rayable par l'acier, dite "porcelaine tendre artificielle".
La manufacture royale, transférée de Vincennes à Sèvres
en 1756, la porta à sa perfection et acquit ainsi une réputation
mondiale. Pendant la majeure partie du XVIIIe siècle, les
fabriques européennes composèrent sans kaolin des
porcelaines tendres de type variable (Chantilly, Mennecy et Sceaux,
Tournai, Bow, Chelsea et Worcester, Capo di Monte). Mais ce n'est
qu'avec la découverte de gisements de kaolin en Europe qu'on
obtint une véritable "porcelaine dure naturelle" semblable à celle
des Chinois. Le premier gisement important de la précieuse
argile blanche fut trouvé en 1709 dans les montagnes de
Saxe, dans l'Erzgebirge; il assura un rapide et immense succès à la
manufacture établie par le grand électeur de Saxe
dans le château fort d'Albrechtburg, à Meissen. |
Partout ailleurs, très
tôt en Autriche (Vienne) puis en Allemagne même (Höchst,
Nymphenburg, Fürstenberg, Berlin, Frankenthal, Ludwigsburg),
en Italie (Venise, Doccia), en Espagne (Buen Retiro), dans les
pays scandinaves (Copenhague), dans les Pays-Bas (Weesp, La Haye)
et en Suisse (Nyon, Zurich), la fabrication d'une porcelaine dure
se développa en fonction des ressources locales en kaolin
ou des possibilités d'importation. En France, les carrières
de Saint-Yrieix en Limousin, mises en exploitation en 1768, firent
de Limoges une véritable ville de la porcelaine. Elles fourniront
pendant quelque temps les matières premières à la
manufacture de Sèvres elle-même, puis à la
plupart des fabriques parisiennes et à nombre d'établissements
français ou étrangers. |
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A partir de 1768 le kaolin est régulièrement extrait
des carrières de St Yrieix la Perche et alimente les manufactures
parisiennes. En 1771, sous l'impulsion de l'intendant Turgot, la
première manufacture de porcelaine voit le jour en Limousin,
la Manufacture Grellet frères-Massié-Fournérat.
Ainsi aura t-il fallu plus de 4 siècles à l'Occident
pour percer le secret de la porcelaine chinoise et que naisse la
porcelaine de Limoges.
La fabrication d'une poterie gréseuse
dure ou d'un grès verni au sel, qui commença en Europe
vers la fin du Moyen Age, connut une véritable floraison à partir
des XVIe et XVIIe siècles. Elle se développa d'abord
dans les régions du Nord, en Allemagne (pays rhénans),
en France (Beauvaisis), puis en Hollande et en Angleterre. |
| En Angleterre, le potier Josiah Wedgwood
s'attacha à la création
de céramiques dures nouvelles. Le "jaspe" précieux,
légèrement
translucide en faible épaisseur, très proche du biscuit de porcelaine,
et la poterie opaque de couleur crème improprement appelée "faïence
fine". Cette dernière s'annonçait peut-être déjà par
l'emploi de la terre claire, à grain serré, du Devonshire à la
fin du Moyen Age et par certaines recherches faites en France au XVIe siècle,
notamment dans les mystérieuses céramiques vernissées
attribuées à l'atelier
de Saint-Porchaire. |
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Les qualités pratiques de la faïence
fine en feront la céramique par excellence du XIXe siècle
et l'importante fabrique "Etruria", que Josiah Wedgwood
avait fondée
en 1768 à proximité de Burslem, sa ville natale,
ouvrira bientôt l'ère de la fabrication industrielle
moderne. Le Staffordshire, avec le regroupement autour de Stoke-on-Trent,
demeure
de nos jours le grand centre céramique anglais.
Au cours du XIX ème siècle, tous les procédés céramiques
furent remis à l'honneur, mais le point de vue utilitaire, les efforts pour
une fabrication rapide et économique répondant aux besoins multiples
des sociétés modernes prirent une importance grandissante. |
| La manufacture de Sèvres, sous la direction
d'Alexandre
Brongniart (1800-1847), en se consacrant à la maîtrise
des difficultés techniques, connut une certaine prospérité.
La manufacture de Meissen survécut également en essayant
de retrouver l'esprit des modèles du XVIIIe siècle
qui avaient fait sa gloire. Aux environs de 1900, la manufacture
royale de Copenhague s'efforça d'adapter à la porcelaine
les principes de l'art nouveau, tandis que la fabrique hongroise
de Herend prenait place aux côtés des précédentes. |
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Les tentatives individuelles des maîtres potiers de la fin
du siècle dernier ont ouvert la voie au renouveau d'une céramique
d'art attachée à la création de l'œuvre
unique. Par l'attrait qu'elle exerce sur les peintres et les sculpteurs,
cette céramique s'apparente directement à l'art contemporain.
Nombre de céramistes, à la faveur des découvertes
scientifiques modernes, s'attachent essentiellement à la technique,
pour obtenir leurs effets décoratifs. Les expositions et les
concours organisés annuellement, tels ceux du Museo internazionale
delle ceramiche à Faenza, permettent de suivre l'évolution
actuelle de l'art céramique et font ressortir son caractère
mondial.
Amar Touati |
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