Notre-Dame des potiers
à
Chartres-de-Bretagnes
Conte gallo
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On
peut voir dans la commune de Chartres-de-Bretagne,
près
de Rennes, une petite chapelle située
dans la campagne, au sud et à quelque
distance du bourg. Elle renferme une statue
de la Vierge appelée
Notre—Dame des potiers. A l’époque
où l’on confectionnait, dans
cette paroisse, des poteries artistiques,
on attribuait à la statue de Notre-Dame
des potiers le pouvoir de préserver
les fabriques du feu. Jamais, assure-t-on
encore, aucune d’elles ne brûlas.
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La
Vierge des potiers apparut un soir, la veille
de Noël, sous la forme d’une belle
dame, à un potier conduisant ses marchandises à Châteaugiron.
Ce dernier, devenu riche, avait oublié son
origine misérable. Il était
dur envers ses ouvriers, s’enivrait
fréquemment, et blasphémait à tout
propos le saint nom de Dieu.
Où allez-vous ainsi ? lui demanda la Vierge. A Châteaugiron, vendre
mes produits. Êtes-vous bien certain d’y arriver ?
Que t’importe ? Lui répondit-il malhonnêtement, passe ton
chemin, je n’ai pas besoin de tes services. Et il blasphéma de nouveau
le nom de Dieu. |
Il arrivait à ce
moment au pont de l’Épront,
sur la rivière la Seiche, profonde
en cet endroit, et qui coule sur un lit
de limon et de vase. Le cheval, effrayé par
les cris de son maître et le bruit
de l’eau frappant sur les arches
du vieux pont romain, fit un écart
et tomba dans la rivière, entraînant
dans sa chute chariot et conducteur. Tous
les efforts de celui-ci pour sortir de
la rivière furent inutiles. Ses
cris et ses appels ne furent pas entendus
des paysans qui se rendaient à la
messe de minuit.
Le
malheureux crut sa dernière heure
arrivée, et, entendant dans le lointain
les cloches de l’église, il
se rappela sa mère, son enfance, puis
la puissance si grande de la Vierge des potiers.
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Il
invoqua celle-ci du plus profond de son coeur,
se
repentit de ses péchés, jura
de se corriger et fit voeu, s’il échappait à la
mort, d’élever à Chartres
une chapelle à la Vierge. Ô miracle
! son appel fut entendu, la foudre éclata,
le tonnerre tomba sur la rive droite de la
Seiche, en détacha un lambeau qui
roula dans l’eau, formant une chaussée
solide qui permit au cheval de remonter sur
la route.
Le potier changea de conduite et,
fidèle à sa promesse, fit édifier
une chapelle. — |
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